Histoire du cor

Les origines

Le lur

Les instruments fait de cornes d'animaux existent depuis des temps très reculés. Ils étaient utilisés pour produire des signaux sonores distincts et servaient à communiquer à distance. Le COR comme instrument de musique n'existe que depuis quelques siècles.

L'association de la musique et de la guerre est un phénomène attesté à toutes les époques. Hébreux et Egyptiens, Grecs et Romains, Germains et Gaulois, utilisèrent divers instruments durant les batailles ou pour transmettre des ordres par des signaux.

Un des premiers instruments qui ressemble à un cor est le LUR et apparut 6 siècles avant J.C. Fabriqué en bronze, il était utilisé par les Scandinaves...(image de gauche)

Le Cornu

Le Cornu était un instrument en bronze utilisé par les romains (images de gauche)

Le carnyx

Le carnyx (image de gauche) était utilisé par les Celtes sur les champs de bataille. La particularité de cet instrument est un pavillon en forme de tête animale, souvent celle d'un sanglier, animal reconnu et vénéré pour sa combativité.

trompe de chasse

En Europe, les cors étaient utilisés lors de la chasse. les 'fabricants' de cors expérimentèrent alors de nouvelles formes, tailles et longueurs de tube. En 1636, le Français Marin Mersenne décrivit dans son ouvrage 'Harmonie Universelle' quatre types de cor : Le grand cor, le cor à plusieurs tours, le cor qui n'a qu'un seul tour et le huchet. (le cor de chasse et trompe de chasse font parties de cette dernière catégorie)

Puis le cor de chasse apparut dans les orchestres et dans les opéras. Dans un premier temps, ils étaient utilisés principalement par les compositeurs pour décrire des scènes champêtres telle que la chasse ou la nature.

Le compositeur Rossi (1598-1653) est considéré comme le premier à avoir inclus des cors de chasse dans un opéra. Lully (1632-1687) utilisa aussi cet instrument dans l'opéra "La Princesse d'Elide".

Les tons de rechange, technique de la main droite.

Une fois intégré parmi les orchestres, le cor poursuivit son évolution. Les compositeurs baroques écrivirent pour cet instrument des airs de plus en plus virtuoses et artistiques. Le corno da caccia avait cependant un jeu relativement limité :

L'instrumentiste ne pouvait émettre que les sons de la série harmonique:

SERIE HARMONIQUE:

Lorsque l'on met en vibration l'air d'un tube avec une embouchure, on peut produire plusieurs sons, exemple avec un instrument en UT ou un cor de chasse en UT:

série harmonique


(le piano tempéré est le piano actuel tel qu'il est accordé)

Pour écrire une mélodie avec cette série de notes, les compositeurs écrivaient dans le registre aigu de l'instrument (registre clarino), là où les harmoniques sont proches. Il était alors nécessaire de changer d'instrument lorsque la tonalité du morceau changeait. Alors au début des années 1700 ont été inventés les tons de rechange.

cor naturel

Un ton de rechange est un simple tube enroulé, qui une fois inséré sur le cor, change la longueur de l'instrument. En changeant la longueur de l'instrument, on change la tonalité (plus le tube est long, plus le son est grave). Ce système permet de jouer dans toutes les tonalités (mais toujours avec les notes de la série harmonique) ; Il suffit simplement de changer de ton de rechange, ce qui permet de n'avoir qu'un seul instrument.

A l'époque baroque il y avait plusieurs sortes de cor. En plus du "Corno da Caccia" et du "Corno da tirarsi" plus aigu, ils existaient aussi plusieurs autres versions plus graves, comme le "Corno", le "Corne de chasse" et le "Corne parforce"

Corno da tirasi

Corno da tirasi

Corno de caccia

Corno de caccia

Technique de la main droite:

Vers 1760, la technique du cor évolua : On attribut cette évolution au corniste virtuose du nom de Anton Hampel (1711-1771, corniste à la cours de Dresden) malgré que cette nouvelle technique de jeu était connue depuis les années 1720 par d'autres cornistes. Cette technique consiste simplement à modifier la hauteur du son en bouchant plus ou moins le pavillon avec la main droite. Ainsi on pouvait jouer tout les sons de la série harmonique (sons naturels ou sons ouverts) et des sons modifiés par la main droite (en bouchant le pavillon). Ce nouveau mode de jeu obligea les cornistes à mettre la main droite dans le pavillon, alors que le cor de chasse ne se tient que d'une seule main.

Ce nouveau mode de jeu, couplé avec les différents tons de rechange offrit de nouvelles possibilités aux instrumentistes et aux compositeurs. C'est pour ce type d'instrument qu'on été écrit les concertos de cor de W.A.Mozart, Haydn ...

A l'initiative de Hampel, Johann Werner élabora vers 1750 un nouveau type de cor : Le cor d'invention. Il présente la particularité de ne plus comporter ses tons de rechange sur la branche d'embouchure mais au milieu du tube. Il possède également une coulisse d'accord, indispensable pour le jeu en orchestre.

cor solo Raoux

Le 'Cor Solo' était un cor à tons qui ne disposait que des tons de rechange suivants : SOL, FA, MI, Mib, et RE. Il à été conçut d'après le cor d'invention par le facteur Français Raoux. Le cor devint petit à petit un instrument soliste et non plus un instrument champêtre. Citons les virtuoses suivants : Hampel (1711-1771) , Johann Wenzel Stich (1746-1803) aussi connu sous le nom de Giovanni Punto.

Les cors omnitoniques

Le seul inconvénient du cor à ton est qu'il faut parfois changer plusieurs fois de ton dans une même œuvre. Certains facteurs d'instrument ont donc élaborés des cors omnitoniques. Ces cors ont été conçus en incluant tout les tons de rechange directement sur l'instrument ; Plusieurs types de cors omnitoniques ont vu le jour, mais ces instruments resteront une anecdote dans l'histoire de l'évolution du cor.

Cors omnitoniques Cors omnitoniques Cors omnitoniques

Ces instruments étaient souvent lourds et encombrants étant donné la technique de 'bouchage' de la main droite. Certains facteurs d'instrument tentèrent de fabriquer un cor à coulisse mais sans réel succès.

Les cors à pistons

En 1816, Heinrich Stölzel (1777-1844) et Friedrich Blümel inventèrent le système mécanique de la valve (ou piston) et déposèrent un brevet pour 10 ans. A ses débuts, ce système mécanique produisait des bruits inopportuns (compression/dépression de l'air). Le système de pistons viennois réduisit nettement ce phénomène de compression : il y avait 2 pistons pour chaque déviation du circuit d'air. En 1839 François Perinet développa son propre système de piston. Mais quel que soit le système mécanique utilisé, Stölzel, Perrinet, berlinois, ou viennois (double piston) le piston est un 'interrupteur' qui permet de modifier la longueur de l'instrument en dérivant l'air dans des tubes de longueurs différentes.

Cors à pistons

Dans les premiers temps de l'utilisation du cor à pistons, les cornistes utilisaient ces instruments comme des cors naturels (en maintenant appuyer une combinaison de pistons selon la tonalité et en bouchant plus ou moins le pavillon selon les notes), et c'est plus tard qu'il s'aperçurent des possibilités chromatique de cet instrument (en appuyant ou relâchant les pistons selon chaque notes)

Malgré l'invention du cor à pistons certains cornistes persistèrent à n'utiliser que le cor à tons de rechange durant les premières décennies de l'époque romantique (1830 - 1914). Certains compositeurs écrivirent toujours pour le cor simple tandis que d'autres écrivirent pour le cor à pistons. Dans certains orchestres il y avait des cornistes utilisant les pistons et d'autres la technique de la main droite...Certaines œuvres symphoniques furent écrites pour 2 cors simple et 2 cors à pistons...

L'opéra 'La Juive' de Jules Halévy(1799-1862) est très certainement la première œuvre symphonique comprenant des cors à pistons : Cet opéra a été écrit pour 2 cors simple et 2 cors à pistons.

Cor sauterelle

Certains facteurs d'instrument inventèrent le 'cor sauterelle' : C'était un cor avec lequel on pouvait jouer soit uniquement avec la technique de la main droite (sans les pistons) soit en utilisant les pistons (on rajoutait alors les pistons, un peu comme quand on change de ton de rechange).

Cor descendant ou ascendant

En France, il y avait deux types de cor à pistons : Le cor ascendant et le cor descendant. La différence entre ces deux types est que lorsque l'on appuyait sur le troisième piston sur un cor ascendant, le circuit d'air se raccourcissait tandis que sur un cor descendant, le circuit d'air s'allongeait. Couesnon fabriqua même un cor descendant/ascendant : pour passer de l'un à l'autre, il suffisait de changer la coulisse du troisième piston ainsi que le piston lui même.

Le cor ascendant est plus facile à jouer dans l'aigu mais ne permettait pas de jouer toutes les notes chromatiques. De nos jours seul le système descendant est utilisé.

L' évolution soudaine du cor bouleversa le monde des cornistes et des compositeurs : En 1843 Hector Berlioz, dans " Grand Traité d'instrumentation et d' orchestration modernes " écrivit :

« ... plusieurs compositeurs se montrent hostiles à ce nouvel instrument ( cor à pistons ) parce que, depuis son introduction dans les orchestres, certains cornistes employant les pistons pour jouer des parties de Cor ordinaire ( cors naturels ) trouvent plus commode de produire en sons ouverts par ce mécanisme, les notes bouchées écrites avec intention par l'auteur . Ceci est en effet un abus dangereux ; mais c'est aux chefs d'orchestre à en empêcher la propagation, et il ne faut pas perdre de vue en outre que le Cor à pistons entre les mains d'un artiste habile peut rendre tous les sons bouchés du Cor ordinaire et plus encore, puisqu'il pourrait exécuter toute la gamme sans employer une seule note ouverte ...

... Le Cor à cylindres ne diffère du précédent que par la nature de son mécanisme. Cette différence est tout à son avantage pour l'agilité et pour le timbre . Les sons du Cor à cylindres ne diffèrent réellement pas de ceux du Cor ordinaire . Cet instrument est déjà d'un usage général en Allemagne et sans doute il en sera de même avant peu ... »


et dans " Le Chef d' Orchestre - Théorie de son art ", Berlioz écrivit aussi

« ... Une habitude aussi vicieuse et plus pernicieuse encore, s'est introduite à la suite des cors à cylindres et à pistons dans beaucoup d'orchestres ; celle de jouer en sons ouverts , au moyen du mécanisme nouveau adapté à l'instrument , les notes destinées par le compositeur à être produites en sons bouchés par l'emploi de la main droite dans le pavillon. En outre, les Cornistes maintenant , à cause de la facilité que les cylindres ou pistons leur donnent de mettre leur instrument dans divers tons , ne se servent que du Cor en Fa , quelque soit le ton indiqué par l'auteur . Cet usage amène une foule d'inconvénients dont le Chef d'orchestre doit mettre tous ses soins à préserver les œuvres des compositeurs qui savent écrire ; pour celles des autres, il faut l'avouer, le malheur est beaucoup moins grand .. »

Wagner considérait le cor à pistons dans un premier temps comme un moyen de changer rapidement de ton de rechange (en jouant des sons ouverts ou bouchés et en maintenant appuyer certains pistons selon la tonalité) et non comme un instrument chromatique. Tandis que Schumann utilisa le cor à pistons immédiatement comme un instrument chromatique et sans la technique de bouchage de la main droite.

cylindre rotatif cylindre rotatif

Vers 1830 fut inventé en Allemagne le 'piston rotatif'. Ce système mécanique équipa alors la plupart des cors de fabrication allemande vers la fin du XIXème siècle, tandis que c'est le piston Perrinet qui s'imposa en France et en Angleterre.

Cor double compensé à pistons rotatifs

Cor double compensé à pistons rotatifs

COR DOUBLE FA/Sib

Cor double à compensation

Cor double compensé

Le cor double a été élaboré vers 1800 par Edmund Gumpert et Fritz Kruspe. C'est ce que l'on appelle maintenant le 'cor double à compensation'. On rajouta alors un 4ème piston. Sur la plus part de ces modèles, quand ce piston est appuyé, l'instrument produis les sons de la série harmonique de Sib (Sib, Sib, Fa, Sib, Re, Fa, Lab, Sib, etc...) ; les 3 autres pistons modifient la longueur de l'instrument et permettent de produire les séries harmonique de La, Lab, Sol, Solb, Fa, Mi. (sur un cor descendant). Quand le 4ème piston est relâché l'instrument produit alors les sons de la série harmonique de FA ; les 3 autres pistons modifient la longueur de l'instrument et permettent de produire les séries harmonique de Mi, Mib, Re, Reb, Do, Si. (sur un cor descendant). On obtient ainsi toutes les notes chromatiques sur une tessiture de 4 octaves :

Tessiture cor en fa

Cor double complet

Dans ce type d'instrument, il y a en réalité deux cors : un cor en FA et un cor en Sib. Le 4ème piston permettant de passer de l'un à l'autre. Il y a donc deux circuits d'air d'instincts et donc 6 tubes additionnels (coulisses pour les 3 autres pistons). C’est ce type de cor d'harmonie qui est utilisé actuellement dans la plus part des orchestres.

Certains cornistes utilisent à l'heure actuelle des cors triple FA, Sib, FA aigu. C'est le même principe qu'un cor double : Les facteurs d'instrument on rajoutés un cor en FA aigu pour permettre au corniste de jouer avec plus de précision dans l'aigu et sur-aigu (la longueur de l'instrument est plus courte,...,voir série harmonique)

Les "autres cors"

Le Wagner tuben

Le Wagner tuben à été inventé vers 1800 à l'initiative du compositeur R.Wagner. Ce dernier souhaitait ajouter dans certaines de ses œuvres un instrument ayant une sonorité particulière. Le tuben est joué par les cornistes, le pavillon de cet instrument est dirigé verticalement vers le haut. Bruckner, R.Strauss et Stravinsky l'utilisèrent aussi dans leurs compositions.

COR DES ALPES


Le cor des Alpes
Le cor des Alpes (Alphorn en allemand) était, à l'origine, un instrument de communication. Il servait à faire passer des messages sonores d'une vallée à l'autre. Lors de fouilles archéologiques, on a trouvé un cor courbé en bois de 60 cm environ, de la première moitié du XIVe siècle. Un cor des Alpes est mentionné pour la première fois en 1527 et sa première illustration connue figure sur un vitrail de 1595, provenant d'Adelboden.

ACCESSOIRES

Sourdine sèche

La sourdine sèche est utilisée pour modifier le son. Seul le timbre change, la hauteur du son reste la même. Elle se place directement dans le pavillon. Une des premières utilisations de la sourdine fût pour les dernières notes du cor solo dans la symphonie "la pastorale" de Beethoven.

Sourdine pour sons bouchés

La sourdine 'sons bouchés' reproduit le même son que lorsque que l'on bouche le pavillon avec la main (voir technique de la main droite du cor naturel). Les compositeurs utilisent parfois ce timbre spécial de l'instrument. Cette sourdine permet de jouer 'les sons bouchés' avec plus de facilité bien que les cornistes puissent les jouer simplement avec la main droite en bouchant le pavillon. Le son produit est un son très timbré et cuivré.